| Changer de logique chez Assystem ! |
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Une entreprise à la pointe côté technologies... à la traine côté dialogue social. Un exemple du chemin qui s'offre aux syndicalistes désireux de faire bouger les choses... C'est une campagne comme tant d'autres qui se prépare. Elle se déroulera en février et mars chez Assystem-France, société d'ingénierie française créée dans les années 60, et qui s'est depuis une quinzaine d'années largement ouverte à l'international. Son site affirme ses capacités à jouer les fers de lance en matière d'innovation technologique, dans des secteurs aussi pointus que le nucléaire, l'énergie, la défense, l'aéronautique. Un concentré de dynamisme, en somme, qu'illustrent "ses équipes formées pour être à l'écoute, maîtriser et faire grandir les compétences, savoir s'adapter aux défis inhérents à l'innovation, à la maîtrise du risque, à la complexité, faire des objectifs de nos clients le résultat de nos projets communs". De bons petits soldats, ne peut-on s'empêcher de penser, lisant cette prose communicationnelle un peu convenue. Las, cette même entreprise semble soudain bien peu offensive, si l'on en croit ses responsables syndicaux, pour peu qu'on ouvre le dossier accords et dialogue social. "Sur tous les sujets où de très nombreuses entreprises négocient et finalement trouvent des accords avec les organisations syndicales, Assystem se contente généralement d'organiser une réunion, pour mieux enterrer le dossier, tout en donnant l'impression d'avoir fait ce qu'il fallait", déplore par exemple Serge Haas, délégué syndical central CFE-CGC. Tel a par exemple été le cas dans le dossier égalité hommes/femmes. Bilan : zéro décision concrète, à l'issue de quelques réunions alibis. Même son de cloche chez Yann Sevin, DS de la région Toulouse. "Je suis membre de la Commission RPS pour le CHSCT de Toulouse. Les formations dispensées par le pôle Santé au Travail de la CFE-CGC permettent de mieux appréhender ces questions. Et la façon dont on traite aujourd'hgui ces problèmes chez Assystem France doit absolument s'améliorer. À ce jour nos indicateurs mis en place ne permettent de couvrir que 25 % des cas identifiés... Côté GPEC : rien n'est fait. En fait de "gestion prévisionnelle des compétences", le message est plutôt d'encourager les salariés à ne pas rester dans l'entreprise plus de deux ans ! "Nous observons sur les différents sites un turn-over assez effarant", précise un autre collègue, qui constate par ailleurs qu'en changeant de DAS tous les six mois, on ne risque guère de bâtir une politique sociale solide et motivante... Durable, comme on dit maintenant. Répartis dans toutes les régions de France, les 3600 salariés d'Assystem-France font donc le gros dos. Le taux de syndicalisation y demeure faible. Sur le terrain les DS n'en continuent pas moins de se battre comme de beaux diables, pour qu'à côté de la modernité revendiquée en matière d'expertises, s'impose enfin une modernisation des relations sociales. Les élections de février et mars 2012 seront peut-être l'occasion de faire, comme on dit, "bouger les lignes". |








