Samedi, 19 Mai 2012
La réduction des budgets publics menace les SSII en Europe PDF Imprimer Envoyer

reductionLes groupes de services informatiques (SSII) et de conseils en technologies (Alten, GFI informatique, etc.) pourraient pâtir de la réduction des dépenses publiques en Europe.
Le public assurait jusqu’à présent un quart de leur chiffre d’affaires.

Par ailleurs, la crainte d’une rechute économique en Europe et aux États-Unis pourrait peser sur les budgets 2011 des clients encore peu exposées aux relais de croissance des pays émergents. Les sociétés du secteur ont désespérement besoin de faire croître leur
activité pour remonter leurs marges mises à mal par la crise – toutefois moins que lors du précédent creux de 2001-2002 – au moment où la concurrence maintient des pressions sur les prix. Que se passera-t-il s’il y a un ‘double dip’ et que les SSII ne retrouvent pas de croissance au second semestre 2010 et très peu en 2011 ?
Signe des temps, une SSII comme Steria, qui réalise près de 40 % de son chiffre d’affaires au Royaume-Uni est particulièrement touchée par l’écroulement des finances publiques.

Paysage européen figé

Nul ne sait, et surtout pas les analystes, quel profil aura l’année 2011.
Selon le quotidien les Echos qui a étudié de près quelques entreprises du secteur. Les spécialistes de R&D externalisée, comme Alten et Altran, bénéficient d’une dynamique plus favorable à cause du secteur automobile, même si celui des télécoms reste
à la peine. “Altran est cependant confronté à ses propres difficultés,celles de sa division de conseil en stratégie et management Arthur D. Little et de sa filiale brésilienne.
C’est l’une des rares moyennes capitalisations du secteur, avec Devoteam, à avoir tenté de se développer hors des frontières européennes pour se lancer dans des pays émergents où la taille est déterminante pour gagner des parts de marché” analyse le
quotidien.
Sur les cinq prochaines années, cela va poser un problème si les SSII ne sont pas plus impliquées dans les pays émergents.

Les leaders français du secteur, Capgemini et Atos Origin, commencent tout juste à passer à l’offensive en Asie ou en Amérique du Sud. Le premier vient de s’offrir 55 % du brésilien CPM Braxis pour quelque 230 millions d’euros et le second l’indien Venture Infotek.
Steria a toutefois trouvé une voie médiane en tentant de récupérer des contrats en Inde avec sa plateforme locale à l’origine destinée à ses clients européens.
Quant à la consolidation annoncée de longue date d’un secteur européen très fragmenté, elle devrait encore attendre, estiment les analystes, même si l’amélioration de la rentabilité passe de plus en plus par l’acquisition d’une taille critique. “Le paysage européen est figé depuis un petit moment et cela risque de le rester, parce qu’aujourd’hui l’intérêt est de se focaliser sur là où on
est le meilleur et non pas chercher à trouver des implantations dans des marchés qui sont de toute façon matures”, souligne un analyste. GFI en a fait l’amère expérience avec la cession en mars de ses activités en Allemagne et en Italie.