Samedi, 19 Mai 2012
Les grèves se multiplient dans les SSII PDF Imprimer Envoyer

grevesAprès une année 2009 marquée par le mouvement de Capgemini Outsourcing, où soixante salariés de Toulouse s’étaient mis en grève pour protester contre la délocalisation sauvage de leur site en Inde, la mobilisation s’est prolongée en 2010 avec des grèves, parfois dures, dans des entreprises entre autres comme Effitic, Atos Origin, Ségula, Sun Microsystems et Sodifrance.

Au début de la présente année, à peine un an après sa création, Effitic, toute jeune SSII, a dû faire face à une grève portant essentiellement sur le nombre de jours de RTT. En mars dernier, la SSII Sodifrance France vivait un mouvement similaire, sur le même
thème.
En mars, Atos Origin affrontait de son côté un mouvement de grève lié au blocage des salaires. Après une première mobilisation ayant permis aux syndicats de mesurer la mobilisation des salariés, une intersyndicale (regroupant CFDT, CGT, FO et Specis-Unsa) avait appelé les salariés de toutes les branches à une demi-journée de débrayage.
“Les directions des branches doivent proposer des enveloppes salariales dignes des efforts fournis par chacun d’entre nous”,
écrivait l’intersyndicale dans son tract, rappelant les bons résultats annuels que le groupe avait récemment annoncé. (lire également cidessous)
Toujours dans le secteur des SSII, mais chez France Telecom, les revendications ont concerné les rémunérations. Chez IT&L@bs -
Orange Business Services, filiale de France Telecoms, les propositions en matière d’augmentation salariale n’étant que de 1,3 %
(contre 3 % pour le groupe France Telecoms) les salariés emmenés par la CFE-CGC ont innové dans le mode de contestation : le 23 juin 2010 a été décrété “Monster Day”.
Prenant la direction (qui répète insidieusement que les portes de la société sont ouvertes) au pied de la lettre, les jeunes ingénieurs de la SSII ont massivement déposé leur CV sur Monster.
La grève la plus dure a certainement été celle de Surcouf, où une partie des 179 salariés menacés de licenciement ont été jusqu’à camper devant le magasin de Daumesnil, pour obtenir de meilleures conditions de départ. La grève a pris fin après quatre semaines de mobilisation sans que la direction de l’enseigne cède grand-chose. Mais le mouvement laissera probablement des traces profondes.