|
Le géant américain est assurément l'un des champions toutes catégories de la croissance externe. Après Sun, la stratégie d'acquisitions tous azimuts bat son plein. Les syndicats de leur côté, constatent que cela semble plus facile... que payer l'impôt sur les bénéfices dans les pays concernés !
Fusions
Oracle "propose les systèmes logiciels et matériels professionnels les plus complets, ouverts et intégrés". C'est ainsi que l'entreprise américaine se présente sur son site corporate. Elle a passé le cap des 100.000 salariés dans le monde, – 2000 en France –, ne semble pas vouloir s'arrêter en si bon chemin. Le rachat de Sun, finalisé fin 2009, n'a pas calmé les appétits de "l'ogre". Au seul premier semestre 2011, ont été rachetées ou fusionnées des TPE ou PME telles que eSTARA, Pillar Data Systems, Fatwire, Ndevr, Ksplice. A fin juillet, l'acquisition de Inquira était également dans les tuyaux.
Ces arrivées permanentes ont deux incidences notables au plan de la "culture interne". Les informations distillées sur l'entreprise en dehors des canaux "officiels" sont particulièrement mal vues, dès lors qu'elles pourraient influer sur le cours de bourse. On peut le comprendre, et de fait, les salariés ont interdiction de commenter à l'extérieur tous bruits, infos, rumeurs la concernant. Mais mieux ! Il leur est demandé de rapporter éventuellement à leur manager (on pourrait tout aussi bien comprendre : "dénoncer") le collègue qui aurait l'idée saugrenue de s'y risquer !
Commissions
Par ailleurs, les rachats successifs et incessants donnent beaucoup de pain sur la planche aux collègues représentants des personnels. Car il faut chaque fois "harmoniser", "intégrer", ces équipes nouvelles, et réorganiser l'existant. Incidemment, l'un d'eux nous fait la remarque suivante, assez peu médiatisée par ailleurs : Les grands fabricants de logiciels américains en France ont tous des contrats de commissionnaires. Ils sont passés entre l'entreprise mère et la filiale, qui verse quasiment 100 % de son CA en commissions, Ne réalisant aucun bénéfice... elle ne paye quasiment aucun impôt en France ! Et pourtant, Oracle France réalise quelques 650 Millions d'euros de C.A. annuel...
Les syndicats ayant porté l'affaire au Tribunal et mis l'administration fiscale dans la boucle, ils ont été entendus : un chiffre d'affaires théorique a été recalculé, déclenchant la définition d'un bénéfice tout aussi théorique, d'un impôt sur les bénéfices... et pour les salariés, le paiement d'une participation. Et à voir le montant non négligeable de cette dernière, largement sous-estimée en réalité, les économies d'impôts indûment réalisés apparaissent à l'évidence considérables. Ne pourraient-elles être remises en question ? En cette période où on prétend s'attaquer aux "niches" fiscales, ces entreprises qui rétrocèdent tout leur CA aux sociétés mères... c'est un véritable chenil, s'amuse à souligner notre collègue...
|