|
ACCORD
NATIONAL DU 24 AVRIL 2008 DE LA CONVENTION COLLECTIVE NATIONALE DES
BUREAUX D’ETUDES TECHNIQUES, CABINETS D’INGENIEURS-CONSEILS,
SOCIETES DE CONSEIL
DU
15 DECEMBRE 1987 RELATIF A L’EGALITE PROFESSIONNELLE
PREAMBULE
La
diversité et l’égalité professionnelle entre
les hommes et les femmes constituent des forces pour l’entreprise,
sa croissance et son dynamisme social. Combinées, elles
permettent de mobiliser les talents et les compétences
contribuant à la performance de l’entreprise, abstraction
faite de toutes autres considérations pouvant être
liées, notamment, au sexe de l’individu.
Dans
le prolongement de la loi du 9 mai 2001 relative à l’égalité
professionnelle entre les hommes et les femmes et de l’accord
interprofessionnel du 1er mars 2004 relatif à la mixité
et à l’égalité professionnelle entre les
hommes et les femmes et de la loi n°2006-340 du 23 mars 2006
relative à l’égalité salariale entre les
hommes et les femmes visant à supprimer les écarts de
rémunération entre les hommes et les femmes avant le
31/12/10, les organisations patronales et les organisations
représentatives au niveau national des salariés de la
Branche ont engagé des négociations.
Les
finalités sont d’une part de tenir compte des nouvelles
dispositions favorisant l’ouverture de négociations au
niveau des entreprises des différents secteurs de la Branche
et, d’autre part, de définir les conditions pratiques de
mise en œuvre au sein de chacune d’elles.
Les
parties signataires constatent, que si un certain nombre
d’entreprises ont déjà développé une
politique visant à garantir l’égalité
professionnelle entre les femmes et les hommes et ainsi prévu
les mêmes possibilités d'évolution de carrière
et des règles identiques en matière d'embauche, de
rémunération, de promotion, de formation
professionnelle ou de conditions de travail, cette situation n’est
pas généralisée à l’ensemble des
entreprises de la Branche.
Si
la proportion de femmes représente environ le tiers de
l'effectif total de la Branche, il ressort des résultats de
l’étude sociodémographique conduite par Louis Harris
en décembre 2003 pour le compte de l’OPIIEC, que celle-ci
varie de manière significative en fonction des secteurs
d’activité et des métiers exercés :
Ces
chiffres représentent des situations très diversifiées
d’un métier à l’autre mais ne donnent toutefois pas
d’indication sur la proportion des femmes qui est généralement
plus importante sur les postes à dominante administrative sans
que ce soit le résultat d’une quelconque volonté
politique de discrimination de la part des entreprises du secteur.
Ces
écarts résultent de motifs objectifs tels que l'aspect
technique des principaux métiers de la Branche et la
proportion plus importante des hommes issue des filières de
formation initiale conduisant aux métiers de l’ingénierie
et de l’informatique.
Les
signataires du présent accord constatent en outre sur les
mêmes bases que des études conduites sur la Branche
révèlent un écart de rémunération
entre les femmes et les hommes. Il ressort d’un comparatif établi
par le CEREQ sur les salaires moyens des salariés à
temps plein que, dans certains secteurs, le salaire moyen d’une
femme peut représenter de 61 % à 75 % de celui d’un
homme.
Par
ailleurs, selon les mêmes portraits de Branche, la proportion
des femmes dans certains métiers diminue, entre 1994 et 2002,
de 7,9 % dans l’informatique en passant de 30,5 à 28,1 % et
de 14 % en Etude Marketing et Opinion en passant de 52.9 % à
45,4 % tandis qu’elle progressait légèrement de 26 %
à 26,2 % dans les Bureaux d’Etudes.
Les
parties signataires constatent trois points de vigilance particuliers
pour créer les conditions d’une politique sociale
garantissant l’égalité professionnelle entre les
femmes et les hommes dans les secteurs et entreprises où la
problématique se présente :
-
la
rémunération :
où il faut supprimer les différences de traitement
entre hommes et femmes à travail, compétences et
performances égales et notamment à l’issue des
périodes de maternité ;
-
l’évolution
professionnelle
et la <gestion
des carrières où
il faut mettre en place au sein des entreprises les dispositions
appropriées afin d’assurer aux femmes les mêmes
opportunités de développement de carrière que
celles offertes aux hommes, en apportant les aménagements
nécessaires en cas de déséquilibres inhérents
à l’entreprise. Les entreprises doivent veiller notamment à
ce que les absences pour maternité, paternité et congé
parental ne puissent avoir aucune conséquence sur l’évolution
professionnelle des salariés.
Enfin,
ces processus peuvent impliquer éventuellement des
discriminations et constituer des freins à l’égalité
professionnelle Une attention particulière sera portée
par les directions des entreprises, les manageurs et les directions
des ressources humaines en termes d’information, de prévention
et de contrôle lorsque des attitudes répréhensibles
seraient avérées, conformément aux dispositions
législatives et réglementaires en vigueur.
En
application de l’article L. 123-1, les parties signataires
réaffirment que nul ne peut prendre en considération le
genre féminin des salariées ou la grossesse, notamment
en matière de recrutement, de rémunération, de
formation, d’affectation, de qualification, de classification, de
promotion professionnelle ou de mutation.
De
plus, comme précisé dans l’article L. 123-3, des
mesures temporaires peuvent être prises au seul bénéfice
des femmes visant à rétablir l’égalité
entre les femmes et les hommes.
Plus
globalement, les entreprises veilleront à développer
une culture prenant en compte la diversité et à
sensibiliser les manageurs aux principes et pratiques de non
discrimination lors du recrutement puis à toutes les étapes
de la gestion des carrières ou dans le cadre de la formation
professionnelle.
La
volonté des signataires est donc de proposer des mesures de
nature à privilégier, développer et garantir les
principes de diversité et d'égalité des chances,
valeurs essentielles de la Branche applicables à l'embauche et
tout au long de la carrière des salariés.
Dans
ce cadre et afin d’observer l’évolution des pratiques des
entreprises de la Branche, les signataires du présent accord
mandatent l’Observatoire Paritaire de la Négociation
Collective (OPNC), créé par accord du 15 septembre 2005
pour enregistrer les différents accords conclus dans la
branche, établir un recueil statistique de la profession sur
les accords conclus sur le sujet, et dégager les pratiques et
tendances d’évolution dans ce domaine.
|