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Par Bernard Van Craeynest
Tout le monde s’accorde à
dire que Nicolas Sarkozy démarre son mandat présidentiel sur les
chapeaux de roue tandis que ses ministres sont priés de se lancer dans
la course à la même allure. Malheureusement, dans la précipitation, il
semble qu’on ait laissé des passagers sur les bas-côtés.
Nous
savons que le secteur de l’industrie, dans lequel il faut compter tout
ce qui touche à la construction, à l’énergie, aux nouvelles
technologies, etc., représente 50 % de la valeur ajoutée du pays et
35 % de la population active. Il reste à mettre sur pied l’ambitieux
ministère qui aurait engagé la France dans la voie du redressement
économique fondé sur l’élargissement indispensable de notre base
industrielle, à l’image de ce qu’ont su faire nos voisins et
concurrents allemands...
En tout état de cause, il faudra bien
que la France, pour le moins, coordonne sa stratégie industrielle avec
celle de ses partenaires européens, en particulier en matière de
recherche et développement, si elle ne veut pas tomber dans la spirale
néfaste du retard permanent.
Les autres laissés pour compte
des intentions présidentielles pourraient bien aussi représenter près
de 30 % de la population active du pays ! Nicolas Sarkozy ouvre, avec
juste raison, quatre grandes conférences sociales sur l’égalité
salariale hommes-femmes, la fléxisécurité, les conditions de travail et
la représentativité syndicale. Il fait un oubli de taille : les
revenus, en panne, du personnel d’encadrement.
La CFE-CGC ne
peut pas, non plus, se satisfaire d’une éventuelle défiscalisation des
heures supplémentaires : d’abord, celle-ci ne résoudra en rien le
problème de l’emploi, ensuite elle ne bénéficiera absolument pas à
l’encadrement. Ceux qui ne comptent pas leur temps pour l’entreprise
n’ont guère la possibilité de profiter des mesures de réduction du
temps de travail et, pour la plupart, sont payés au forfait-jour !
D’autant qu’une fiscalité facile a vite fait de réduire leurs revenus à
peau de chagrin.
Va-t-on laisser dans le fossé ceux qui
gèrent, coordonnent, animent, créent, innovent, et que le président de
la République appelle à s’investir pour la relance économique du pays ?
La CFE-CGC demande qu’un nouveau chantier soit lancé, consacré à une
politique salariale motivante, à une juste fiscalité et à une retraite
décente.
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