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Heures supplémentaires des cadres : la grande hypocrisie |
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Heures
supplémentaires des cadres : la grande hypocrisie (du 03/10/07)
En théorie, même les cadres au forfait sont concernés
par les heures supplémentaires « nouvelle formule » entrées en vigueur le 1er
octobre dernier. En pratique, ils auront toujours du mal à convaincre leur
employeur de les leur payer. Explications.
Ce que prévoit la nouvelle loi
Toutes les entreprises et tous les salariés sont concernés par
l'application de la nouvelle loi (1). Au 1er octobre 2007, les heures
travaillées au-delà de la durée légale de 35 heures hebdomadaires sont
désormais rémunérées en plus : - 25 % de plus qu'une heure normale, pour
les 8 premières heures supplémentaires, de la 36e heure à la 43e heure incluse,
- 50 % au-delà de la 43e heure. Même les salariés travaillant dans des TPE de
moins de 20 salariés ont droit à ce régime. Alors qu'ils devaient
jusqu'à présent se contenter d'une majoration de 10% de leurs 4
premières heures supplémentaires. La nouvelle loi prévoit aussi 2 autres
cadeaux fiscal et social : le salarié ne paie plus d'impôts sur ces
heures supplémentaires et les cotisations sociales sont allégées.
Le cas des cadres au forfait
La nouvelle loi n'exclut pas les cadres (mis à part les « cadres
dirigeants ») du bénéfice des heures supplémentaires, puisqu'elle évoque
les « conventions de forfait annuel en jours » des cadres. En effet, la
majorité des cadres ne sont pas soumis aux mêmes horaires de travail que les
autres salariés dit « intégrés » devant respecter des horaires collectifs.
Libres d'organiser leur temps de travail en fonction de leur charge de
travail, la grande majorité des cadres dits « autonomes » travaille au forfait,
en général fixé à 218 jours maximum par an compensés par 11 jours de RTT.
S'ils dépassent leur quota de 218 jours, ils pourraient donc être payés
en jour supplémentaire - et bénéficier d'exonérations des
cotisations salariales et d'impôt - à la condition : 1) que leur
entreprise soit d'accord pour payer ce ou ces jours supplémentaires (donc
qu'il reconnaisse le surcroît de travail) 2)...et que le salarié renonce
à ses RTT ! Par euphémisme, on dira que ce dispositif paraît difficilement
applicable.
Le hic
Il est toujours aussi difficile pour un cadre au forfait d'obtenir la
reconnaissance de ses heures supplémentaires par l'employeur, même
s'il arrive avant tout le monde au bureau le matin et qu'il éteint
les lumières de l'openspace presque chaque soir. Car une rémunération
forfaitaire tient justement compte d'un certain nombre d'heures
supplémentaires par mois dont le paiement est intégré dans le salaire au
forfait. Au-delà de ce nombre, le cadre fait donc des heures supplémentaires et
devrait être rémunéré en plus. Sauf que nombre de cadres travaille sous une
convention de forfait... dont ils n'ont jamais vu la couleur. Le code
du travail n'oblige pas l'employeur à l'écrire, ni a fortiori
à la faire signer par le cadre. D'où la difficulté pratique à faire
reconnaître et payer des heures supplémentaires au delà de son forfait. Et même
s'il a signé ce genre de convention, l'employeur pourra toujours
lui opposer qu'il ne ferait pas d'heures supplémentaires s'il
s'organisait mieux. D'autres parades existent comme celles
pratiquées par ces entreprises qui empêchent leurs cadres de faire des heures
supplémentaires sur leur lieux de travail (et ainsi éviter les contrôle de
l'Inspection du Travail) : il leur suffit de bloquer l'accès aux
locaux de l'entreprise trop tôt la matin et trop tard le soir. Incroyable
mais vrai : certains cadres continuent néanmoins de travailler chez eux. Qui
l'eût cru.
(1)Loi 2007-1223 du 21 août 2007 prévoyant
une exonération d'impôt pour les salariés et de nouveaux allégements de charges
patronales et salariales sur les heures supplémentaires. Le décret 2007-1380 du
24 septembre 2007 , paru au JO du 25 septembre précise ses modalités
d'application.
Sylvia Di Pasquale ©
Cadremploi.fr - Octobre 2007
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