Mardi, 22 Mai 2012
Cadres des années 2010 : comment ça va ? PDF Imprimer Envoyer

comment_vont_les_cadresHabituée des études aux constats précis et révélateurs, l’APEC livre ces jours-ci un intéressant comparatif sur ce que sont devenus les cadres actuels, au regard de ce qu’ils étaient voilà tout juste 20 ans.

Première évolution notable, le nombre de cadres en France a augmenté de 62 %, passant en 20 ans de 2 à 3,5 millions. Les femmes y sont plus nombreuses. Les niveaux moyens de qualification ont augmenté.

Évolution des compétences et des positionnements

Dans l’ensemble les critères de réussite d’une carrière n’ont guère changé ces vingt dernières années : perspectives d’évolution, rémunération, relations avec la hiérarchie figurent toujours aux premiers rangs des préoccupations. Les cadres sont plus prompts qu’hier à se définir comme spécialistes, ou experts, moins comme des “cadres dirigeants” à part entière, aptes à remplir des fonctions transversales. Le cadre d’aujourd’hui est un spécialiste. On peut d’ailleurs penser que la pression économique renforcera dans le futur ce type de positionnement.

La confiance demeure, mais l’affectif recule

Parce qu’ils s’estiment compétents,les cadres d’aujourd’hui se voient toujours tenir un rôle important dans l’entreprise. Mais leur enthousiasme est souvent contrarié par le regard pessimiste qu’ils portent sur l’environnement économique. Un cadre sur deux estime que la conjoncture s’est détériorée ces dernières années, 12 % seulement l’estimaient voilà vingt ans. On peut penser que la flexibilité accrue du travail pèse d’un poids certain dans leur constat, qu’aggrave évidemment la crise de ces trois dernières années. Le “court-termisme” dominant (lire également page 22) et la mondialisation constituent les deux moteurs de la pression subie. Dans le même ordre d’idée, le sentiment d’appartenance à l’entreprise recule. Dans un monde où la financiarisation impose son diktat, où l’humain devient trop souvent variable d’ajustement du taux de rentabilité, ce léger désamour se comprend aisément. Pour autant, les cadres ne se déclarent pas en contestation ouverte du système. Ils s’y adaptent. Ils adoptent ce que l’APEC appelle une posture de “distance raisonnée” par rapport à l’entreprise et ses valeurs.

5 familles

Un point frappant de l’étude est la segmentation des cadres en 5 familles, à partir de deux critères : la confiance dans son entreprise, d’une part ; et de l’autre, le bon équilibre entre vie privée et professionnelle. 27 % constituent une “famille des satisfaits” sur ces deux critères. À l’exact opposé, les “insatisfaits” sont tout de même 19 %. Les “pragmatiques”, (23 %) ont moins confiance en l’entreprise, et du coup privilégient l’équilibre de leur vie privée : en clair, ils ne sont plus prêts à tout accepter. Restent “les débordés”, (17 %) qui bossent “comme des fous” au risque de sacrifier leur vie privée. Et les “distanciés”, (14 %) qui prennent du recul au vu du peu de confiance que leur inspire l’avenir de leur entreprise. Au bout du compte, les euphoriques ne sont, comme on le voit, pas légions. Mais à vrai dire, on s’en doutait un peu...

les_cinq_categories_de_cadres

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