| Inégalités Hommes-Femmes : “qu’il est long, le chemin !” |
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Plus on nous dit qu’on avance, sur la voie qui doit conduire un jour à l’égalité des deux sexes dans le monde du travail, plus il semble en réalité qu’on traîne et qu’on lambine. Le sentiment dominant, à lire vos réponses à notre consultation internet ? On n’est pas près de la ligne d’arrivée !
Témoignages parfois... accablants ! Sur notre site, les témoignages de femmes ont été nombreux, précis, convergents. Elles notent des progrès (dans l’ensemble trop timides), et soulignent fermement les inégalités persistantes. Postures, effets d’annonce, l’emportent sur les mesures mises en place Salaires et carrières : l’inégalité reste la règle. Certains témoignages font état, parfois non sans ironie, de progrès réalisés : “j’ai eu un rattrapage de 1 % il y a 3 ans, juste pour dire que quelque chose avait été fait !” “Certaines femmes sont promues pour l’exemple !”, ou encore “le management ne va pas augmenter une femme qui – quelle aubaine – réclame moins qu’un homme !”. On souligne fortement la persistance des inégalités salariales, et la faible proportion de femmes dans les équipes de direction. Le plafond de verre existe bel et bien : “la disparité entre les salaires est importante”... “différentiel de 20 à 50 % selon la fonction et l’ancienneté”, “il manque des informations, donc pas de photographie correcte de l’existant et pas de possibilité de prévoir un plan d’action”, “à compétences égales, les promotions concernent d’abord les hommes”, “peu de femmes dans les postes de responsabilité”. La réalité reste la discrimination de fait. Les évolutions sont jugées beaucoup trop lentes. Négociations et réajustements : du mieux On souligne l’influence modeste mais positive, de la loi. Malgré quelques exceptions, des négociations ont généralement lieu, avec un succès dépendant largement de l’ouverture sociale de l’entreprise : “chez nous, toutes les demandes d’amélioration ont été refusées”, “le texte soumis : un catalogue de bonnes intentions difficilement vérifiables”, “réaligner les femmes en dessous du minima conventionnel a déjà été une bataille sans nom !” Mais des évolutions sont en cours. La pression juridique s’exerce dans le bon sens : “il y a un petit budget réservé”, “un paragraphe relatif à la compensation”, “bonne nouvelle, notre DG depuis septembre est une femme !”, “cet année, le PDG a fait l’effort d’embaucher une femme : initiative très mal accueillie par ses homologues masculins”. Une évolution se dessine... pour paraphraser Victor Hugo : “l’espoir changea de camp, le combat changea d’âme” ! Comportements : “sexisme soft” pas mort. Des témoignages précis, – sans haine ni exaspération-, décrivent des relations hommes – femmes encore inacceptables, dans les décisions, le management, l’organisation de l’entreprise : “pour les longs séjours à l’étranger, ce sont les hommes qui y vont”, “certains responsables mettent les réunions en fin de journée”, “discrimination... surtout si vous êtes RP ou ayant une appartenance syndicale !”, “on pardonne plus aux hommes qu’aux femmes” ... ou dans les propos, allusions et remarques : “en 4/5 on vous fait remarquer que vous n’êtes pas flexible”, “un chef qui tutoie les collaborateurs masculins mais qui a beaucoup de mal avec moi...”, “les blagues sexistes et préjugés”, “commentaire : encore en congé ?! ah oui, c’est les vacances scolaires !” Moralité : l’égalité existera vraiment lorsqu’une femme médiocre pourra occuper un poste de direction ! Attentes des femmes : simplement le respect ! Les femmes ne demandent pas à l’entreprise de se mêler de leur vie privée (pas plus que de celle des hommes dans le partage des tâches familiales). Elles ne souhaitent pas non plus demander des aménagements qui contribueraient à les rendre moins “compétitives” qu’un homme. Elles veulent le respect dû à leur apport spécifique : “les femmes sont plus pragmatiques ; elles n’ont pas de problème d’égo”, “plus coopératives que carriéristes”, “elles sont davantage dans la transmission des savoirs, l’accompagnement ou l’expertise” Elles tiennent à ce que l’entreprise (pour elles comme pour les hommes) agisse pour limiter le stress. Il faut comprendre et accepter qu’existe une vie après le travail : “toujours le problème de la double journée”, “métro, boulot, marmot,dodo”, “solution : le temps partiel et encore, elles font leur temps complet en 4 jours !”, “c’est la parentalité qui doit être prise en compte dans l’entreprise”. Recueil particulièrement intéressant, en somme, et qu’on pourrait conclure par ce témoignage : “C’est tellement mieux d’être une femme... qu’il faut bien en payer le prix, non !?” |













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