| 40ans |
|
|
|
|
Les Poppy’s chantaient “non, non rien n’a changé”. Ils pourraient tout aussi bien le dire aujourd’hui...
Car au fil des gouvernements successifs se sont depuis empilés lois, décrets, mesures, déclarations de bonnes intentions. Et les chiffres, nous le vérifions encore, sont aussi têtus que les faits. Les inégalités au travail demeurent ; tenaces, obstinées. À des degrés divers, cette réalité constitue d’ailleurs une constante dans tous les pays de l’Union Européenne ; ce qui ne saurait servir d’excuse, encore moins de justification. Sauf exception, les entreprises de toutes tailles, qu’elles soient locales, nationales ou internationales, reproduisent partout les mêmes schémas. Et tandis que quelques personnalités féminines emblématiques profitent des lumières médiatique, politique, ou culturelle, l’immense majorité d’entre elles attendent toujours, comme leurs mères avant elles, de voir ce que pourrait donner, concrètement, la réalisation de ce vieux slogan : “à travail égal, salaire égal”. Les distorsions et inégalités des rémunérations restent considérables. D’autres injustices s’y ajoutent. Au plan des promotions, le désormais fameux “plafond de verre” freine toujours les progressions de carrières des femmes, notamment cadres. La maternité constitue encore un frein, contraignant trop souvent à choisir entre “famille” et “promotions”. Sans même évoquer les situations ouvertement scandaleuses que constituent les faits de discriminations, harcèlements, chantages sexuels, il règne bel et bien dans le monde du travail une loi d’autant plus implacable qu’elle est insidieuse : à travail égal, c’est l’inégalité qui demeure la règle. Et de fait, nous constatons l’immense difficulté du monde du travail à appliquer ces lois au plan économique. Nous, syndicalistes cadres, devons alors affirmer sans relâche cette évidence : dans le monde de l’entreprise, il faut que s’impose enfin cette reconnaissance de l’égalité entre hommes et femmes. Chacun y apporte ses compétences et ses rapports spécifiques, au pouvoir, au travail en équipes, au dialogue, à la prise de décision, l’initiative, le leadership. Chacun doit donc pouvoir s’y impliquer, et y recueillir le juste fruit de ses mérites... Ajoutons qu’il ne s’agit plus d’en rester aux seules belles paroles, aux promesses qui n’engagent que celles et ceux qui y croient. Il s’agit de faire avancer concrètement les dossiers de l’égalité, dans chaque négociation d’entreprise ou de branche, et d’obtenir des avancées réelles, mesurables, aux conséquences visibles et palpables. C’est cette conviction qui anime les membres du Réseau Équilibres CFE-CGC, à qui nous ouvrons les colonnes de la présente lettre. Ce combat pour l’égalité professionnelle constitue un axe majeur de notre engagement syndical. C’est même bien plus qu’une conviction. Une absolue nécessité. Michel de La Force |









Chers collègues, voilà donc près de 40 ans qu’étaient promulguées les premières mesures visant à assurer “l’égalité des salaires”. 1972. Le Président de la République s’appelait Georges Pompidou. Nous avions trois chaines de télévision. Pelé était encore le plus grand joueur de football au monde. Le 8 mars 1972, après cinq années d’attente, entrait enfin en vigueur, dans notre pays, le décret sur la contraception. C’était pourrions-nous dire, il y a des siècles.
télécharger cet article en PDF