| Agir pour tous... et savoir aider chacun |
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Présente depuis 2001 dans les instances représentatives du Groupe, la CFE-CGC s’y est renforcée au fil du temps, atteignant 22 % des suffrages. Alina Tortochaut et Pierre Roi comptent bien confirmer et accroître cette influence au cours de 2011. Encore faut-il, tout candidat à une réélection le sait bien, réussir auparavant cet exercice imposé : “bilan et perspectives”. Passerelles Cadres : convaincre les collègues cadres de participer aux élections sur nos listes syndicales est souvent délicat. Quel argument peut les inciter à considérer positivement l’engagement syndical ? PIERRE ROI : Si je pars de mon expérience, je suis arrivé dans le groupe à la faveur d’une acquisition, situation qui crée souvent tensions et inquiétudes : les salariés craignent beaucoup pour leur avenir, tant à titre collectif qu’individuel. Ce constat a vite défini “mon positionnement” : toujours travailler à deux niveaux. D’un côté, participer aux instances représentatives élues, Comité d’Entreprise, CHSCT (1), Délégués du Personnel, ainsi qu’aux instances de négociation. De l’autre, par un travail de terrain, à l’écoute des situations individuelles, proposer un soutien appuyé en cas de problèmes concrets. Ces deux missions se complètent... Et personne d’autre ne peut les remplir. Soutenir les personnes, sans se tromper d’enjeux ALINA TORTOCHAUT : ... Il faut pour cela être très attentif, sans générer de fausses attentes. La dimension de relation individuelle existe, mais le représentant syndical n’est ni un psy ni un assistant social. Nous sommes un conseil du salarié et surtout, un relais d’informations pour l’aider à mieux comprendre les enjeux. De façon symétrique, nous sommes aussi celui qui fait remonter les signaux d’alarme jusqu’à la direction, à partir de cette connaissance du terrain. Les cas individuels révèlent souvent un problème plus global. Les identifier contribue à faire évoluer favorablement les conditions de travail, ou l’organisation dans son ensemble, par le jeu de la négociation. PR : C’est vrai qu’on doit rester vigilant. Par exemple, si nous expliquons à un collègue les enjeux et perspectives de l’entreprise, le danger serait de se substituer au chargé de comm’ interne qui, lui, doit valoriser coûte que coûte le discours de la direction. Or nous ne sommes pas un rouage facilitateur ! Cela se voit bien lors de conflits pouvant entraîner un licenciement. Nous avons, pour le coup, ce rôle de soutien actif et efficace, par exemple pour monter des recours aux “prud’hommes”, en nous appuyant sur l’infrastructure de notre syndicat. AT : Dans ce cas, nous mettons en place une vraie “stratégie” avec le salarié, mais dans le plus grand respect de ce qu’il souhaite lui-même. Nous sommes à son service. Nous ne sommes pas là pour lui forcer la main en l’entrainant dans des procédures aventureuses... Le délégué syndical : acteur essentiel au sein des instances PC : venons-en à la partie “expertise”. Les salariés ignorent souvent le poids de vos interventions dans l’évolution des relations sociales. Concrètement, qu’avez-vous à votre actif, chez GFI ? AT : Pour nous, l’acte de naissance fut en 2001 l’accord sur les 35 heures. Il n’y avait chez GFI aucun accord d’entreprise ! Après un petit passage par la case “tribunal”, ce combat a entrainé d’autres accords, dont celui “d’expression syndicale”. Chaque salarié reçoit l’information des différents syndicats avec son bulletin de salaire. C’était un accord très important, car nos collègues disséminés sur tout le territoire, le plus souvent sur sites clients, sont très difficiles à joindre... Et la direction interdit totalement l’usage du mail professionnel pour l’envoi de telles informations !. PR : Elle veut d’ailleurs dénoncer cet accord, juste avant les élections prévues ce semestre. Ce moment est tout sauf anodin et nous le déplorons. Le contexte de la loi de 2008 impose désormais à chaque syndicat d’obtenir 10 % des suffrages au 1er tour. Tenter de les dresser les uns contre les autres, semble un piège un peu grossier. PC : votre groupe compte 11 CE ! Parvenez-vous à valoriser partout la présence de la CFE-CGC ? PR : C’est évidemment l’enjeu. Actuellement, nos délégués sont représentatifs de tous les métiers de l’entreprise. Mais pour renforcer notre influence, il faut avoir des représentants PARTOUT. D’où l’importance de mener une campagne convaincante ! AT : Nos collègues connaissent souvent l’existence des CE, grâce aux “oeuvres sociales”. Mais souvent, ils ignorent que nous sommes présents dans d’autres instances.
Au CHSCT pour les conditions de travail : et dans nos métiers les risques “psychosociaux” sont importants ! Nous siégeons dans des commissions de suivi techniques, comme celle de la mutuelle santé ou de la Participation. Nous participons évidemment aux négociations salariales annuelles. Or les différences salariales et les injustices sont considérables, selon l’entreprise d’origine et/ ou le contrat sur lequel chaque salarié est affecté. Nous pesons de tout notre poids pour que la direction s’engage à mettre en place un socle d’augmentation annuel pour tous ! Bien entendu, nous répondrons présents quand le dossier “dépendance” sera mis à l’ordre du jour. Enfin, ce que presque tout le monde ignore, nous nous déplaçons aussi aux AG des actionnaires pour faire entendre le point de vue et les intérêts des salariés. CHSCT : Comité Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail
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Faire avancer l’intérêt général tout en défendant les cas individuels, voilà bien l’équation posée aux responsables syndicaux modernes. Après 10 ans d’implantation, ceux de GFI rappellent ce qu’a concrètement apporté la CFE-CGC, dans ce groupe en constante évolution.