Mardi, 22 Mai 2012
De l’usage perverti des PSE PDF Imprimer Envoyer

chomageLes grands groupes financièrement aisés combinent de plus en plus souvent rachats d’entreprises et PSE. L’effet d’aubaine du chèque alléchant devient alors un outil de gestion, comme on l’a vu récemment chez Oracle. Une méthode socialement contestable, de notre point de vue...

En janvier, la presse spécialisée titrait sur le véritable succès du dernier PSE proposé par Oracle. 210 candidats pour 102 suppressions de postes. Et finalement, un contingent supplémentaire non apparent de quelques 25 partants. Ce survolontariat doit interpeler les représentants syndicaux. Car il révèle une méthode de gestion de plus en plus répandue dans les grandes entreprises de notre branche, où chaque rachat parait intégrer un inéluctable appel aux départs, contre des chèques... parfois très conséquents ! Sitôt que le rachat de l’américain SUN est devenu réalité, le lancement chez Oracle d’un énième PSE apparaissait inéluctable : “c’est chaque fois la même logique de gestion à l’américaine qui prévaut”, remarque, un rien fataliste, notre collègue Laurence Florestano, l’une des DS de la FIECI. “Tout rachat implique dégraissage des effectifs. “Sur le papier”, ce sont en priorité les équipes back-office qui se retrouvent en première ligne. Comptables, gestionnaires, financiers, administratifs, les postes en doublon sont les premiers visés”.

Mais la réalité s’avère cependant assez différente. Les rumeurs de PSE encouragent de nombreux salariés à des calculs minutieux. “Tablant sur un marché de l’emploi de nouveau dynamique dans les métiers de l’informatique, ces collègues espèrent faire coup double”, explique Laurence Florestano : “empocher des indemnités confortables, et retrouver très vite un nouveau job, ailleurs”.

Consultants ou les commerciaux, ces profils a priori non visés, envisagent d’un bon oeil la perspective d’un départ, qu’accompagnera un lot de consolation conséquent. Ils viennent ainsi grossir les rangs des candidats à la charrette, et du coup, d’autres, prévus dans le flux initial des partants... demeurent finalement en place.

Viennent ensuite les inévitables réorganisations, que la langue de bois managériale rebaptise pudiquement “culture du changement”. S’y dévoile en réalité une confusion manifeste dans la gestion des ressources humaines. Peu importe au fond “qui” part... pourvu qu’au final le compte y soit ! Ce “court-termisme” confirme ce que chacun devine en réalité : la stratégie de développement de l’entreprise à long terme passe clairement au deuxième plan, expliquant en revanche ce flou des réorganisations auxquelles les salariés, souvent, ne comprennent plus rien.

Sur leur blog (http://cfe-cgc-oracle.blogspot. com/) nos collègues CFE CGC soulignent aussi qu’un PSE n’est pas normalement un Plan de Départs Volontaires ! Ils insistent sur l’ambiance délétère au sein de l’entreprise que révèlent tous ces “désirs d’ailleurs”. “Ils soulignent que les organisations syndicales et le CE ne doivent pas devenir la chambre d’enregistrement des décisions prises unilatéralement par Oracle”. L’intérêt des salariés devrait en tout état de cause demeurer le maintien des emplois chez Oracle. Jusqu’au rachat suivant ?

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