|
Quand ils découvrent l’existence de “Plan Social”, le jeu de cartes qui ces jours-ci fait un carton au point d’être “en rupture de stock”, la plupart des médias le décrivent, faute de mieux, sans doute, comme “incorrect”. On sent qu’en réalité, ils hésitent entre en rire et prendre une mine offusquée. Dans le doute, la plupart s’abritent derrière l’affirmation de son créateur, un trublion finement rebaptisé “John-Harvey Marwanny”. Le clin d’oeil est déjà un peu “lourd”. Mais l’auteur se place délibérément sous l’égide de la provocation “grinçante”, supposée dénoncer le “système”. Le principe du jeu, assez simple, ne fait pas dans la dentelle. Sur le mode du bon vieux “8 américain” de notre enfance, il faut se défausser de ses cartes “salariés”.
Comprendre : les licencier. On trouve entre autres profils “une poseuse d’amiante, une travailleuse sans papiers, un représentant en armes d’autodéfense, un mouleur de saucisses et des affineurs d’OGM”. Licencier des salariés protégés donne une prime aux joueurs, renommés “actionnaires”. Le vainqueur de la partie a le droit de délocaliser en Chine. Partant du principe cher à Desproges qu’on peut rire de tout (mais pas avec n’importe qui) on peut toutefois se demander si ce jeu dit “militant” ne surfe pas “aussi” sur un malaise largement perceptible, qu’il utilise de façon un peu trop “triviale” pour être crédible. Peu importe. Ca part comme des petits pains ! Certains offrent -parait-il- le jeu à leur DRH, en manière de protestation contre les réductions d’effectifs “dans la vraie vie”.
En dernière analyse, pas sûr que ce jeu, assez “bas de gamme et finalement d’assez mauvais goût”, serve au mieux leur intention
Télécharger cet article en PDF
|