Mardi, 22 Mai 2012
Résultats du sondage Retraites PDF Imprimer Envoyer

retraites : résultats du sondageAu mois de mai, le site internet de la FIECI a souhaité connaître les opinions des adhérents sur cet omniprésent sujet des retraites.

Vous avez répondu nombreux à nos questions, et vous êtes également exprimés librement. La photographie de vos ressentis laisse apparaitre un fort sentiment de désenchantement. Mais est-ce surprenant ? Retrouvez les résultats complets

 

 

 

Pensez-vous que, pour bénéficier personnellement d’une retraite pleine, il vous faudra cotiser bien au-delà de la période actuelle ?

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On le sait, les cadres sont généralement des gens qui ont “les pieds sur terre”. C’est pourquoi lorsqu’on ne vous avons demandé si vous pensiez devoir “cotiser au-delà” de
la période de référence actuelle, vous êtes 73 % à penser qu’il faudra en passer par là.
Non que cela vous enchante.

Mais ayant généralement poursuivi des études, et commencé
de travailler vers 24-25 ans, vous voyez mal comment partir à 60 ans... À moins de vous
contenter d’un niveau de pension “de misère”... ce qui n’enthousiasme pas davantage.

 

 

Quelles sont les raisons qui pourraient vous amener, personnellement, à travailler plus longtemps que la durée légale ?

(2 réponses maximum)

Et quelles sont les raisons qui pourraient vous inciter à partir plus tôt ?

(2 réponses maximum)

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Le niveau de retraite “insuffisant” vous apparait la première raison valable d’accepter de travailler plus longtemps. En revanche, l’intérêt supérieur de l’entreprise ne vous y inviterait que pour... 3 %. Arrivés en fin de carrière, on ne vous fera plus le coup de “l’appel au sacrifice”. Chacun se détermine d’abord par rapport à son intérêt immédiat et particulier.

Et comment dénoncer cette tendance à l’individualisme, quand c’est son niveau de vie réel qui apparait menacé, et que les liens de solidarité sont aussi peu valorisés dans la société, et au premier chef, dans l’entreprise ?

Cette philosophie se retrouve tout naturellement lorsqu’on vous invite à imaginer les bonnes raisons pour partir “plus tôt”. En dehors du très hypothétique “gain au loto”, parfois cité comme on évoquerait le recours à une baguette magique, ce sont bien le désenchantement par rapport à l’entreprise et à

son ambiance interne qui se retrouvent mis en avant. Il parait loin, le temps où l’on ne quittait “la boîte” qu’à regret, une larme à l’oeil, après une vie de bons et loyaux services. La perte de lien, et le désintérêt pour la fonction, semblent un juste retour de bâton pour toutesces entreprises qui ne considèrent plus leurs salariés QUE comme un entrant comme un autre, une simple variable d’ajustement... Comme le dit un participant, dans l’universanglo-saxon on se valorise par son job... alors qu’en France, le standing, c’est d’apporter la bonne réponse à la question : “où partez-vous cet été ?” Au-delà de la boutade, vous êtes nombreux à reprocher aux entreprises de licencier les “plus de cinquante ans”.

Pensez-vous que des discussions sur le système de retraites de la branche sont actuellement nécessaires ?

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Dans le cadre de la négociation en cours, souhaitez-vous que la CFE – CGC s’implique prioritairement sur :

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Quels sont pour vous les acquis sociaux décisifs ou les revendications justifiant, s’il le faut, une mobilisation des adhérents FIECI – CGC ? (2 réponses maximum)

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Qu’attendez-vous de la CFE-CGC ?

Parmi vos réponses aux questions ouvertes, nombreuses sont celles qui interpellent notre action syndicale. Quelques citations brutes :

Sur la diversification de la base de cotisations, les propositions sont diverses, avec ce point commun, le sentiment que l’assiette des seuls salaires sera insuffisante au sauvetage des régimes : “élargir l’assiette des cotisants”, “diversification de la base des prélèvements”, “créer une taxe sur la consommation”, “taxe spéculation”, “extension aux revenus du capital”, “une question de société, toutes les ressources doivent y contribuer”...

Vous souhaitez plus d’égalité et de justice entre les catégories et les secteurs d’activité. Il s’agit là, non de recherches techniques sur les financements, mais de principes généraux d’équité :

“égalité privé – public”, “suppression des régimes spéciaux”, “qu’ils soient en autosuffisance financière”, “que l’État rembourse ses dettes aux fonds de retraite !”, “remise en cause de certaines retraites actuelles excessives”...

Quant à la présence active de la CFE-CGC dans la négociation à venir, vos attentes sont fortes Elles portent à la fois sur le fond (intérêts spécifiques de l’encadrement) et la forme (combativité et présence médiatique) : “prise en compte des années d’études”, “l’emploi des seniors”, “des possibilités de retraite à la carte”, “défense Agirc, Arrco”, “une véritable négociation, pas une pantalonnade !”...

 

Notre analyse sur vos réponses

L’angoisse pour l’avenir constitue une vraie réalité. Elle touche aujourd’hui nos collègues dès l’approche de la quarantaine, période de la vie où naguère encore les salariés flirtaient plutôt avec un sentiment léger d’insouciance. Dès à présent, la conviction que les temps seront difficiles l’emporte. Et rien dans le discours dominant ne permet de se départir de ce sentiment de crainte.

Dès lors les solutions individualistes l’emportent : on songe d’abord à assurer ses arrières, de façon très pragmatique. Le sentiment d’appartenance à l’entreprise, on l’a vu, ne joue plus. On partirait plutôt plus tôt !

Si on le pouvait...

Mais ce vain espoir se heurte aux réalités macro-économiques.

Pragmatiques, nos lecteurs cadres savent que la question est globale, et ne se résoudra pas sans prise en compte des questions d’emploi et de chômages ; et plus largement d’insertion des jeunes, de formation, et même de politique familiale.

Vous êtes aussi très nombreux à estimer indispensables “la remise à plat” des différences entre secteurs publics et privé ; à appeler de vos vœux la suppression des régimes spéciaux ; vous souhaitez “plus d’égalité”. Mais l’on retombe alors dans le piège terrible où nous poussent tous les experts du débat : comment faire coïncider l’approche “macro-économique”, celle des grands équilibres et, l’approche pragmatique permettant de combler à la fois ceux qui n’en peuvent plus, et ceux qui ont l’envie, la volonté, ou le besoin de continuer ?